Nouvelle journée, nouvelle aventure, nouveau réveil. Celui d'aujourd'hui est programmé à 10h00 pour récupérer de la veille forte en émotions autant sur le plan physique que moral. On devait se reposer, et on a eu la chance de le faire au pieds du glacier de Skaftafell. On a prit deux nuits dans le même camping pour pouvoir se reposer sans trop avoir à rouler. On pense aussi à la santé mentale de nos banquiers.
Au programme du jour : Une petite balade sur la Diamond Beach et sur le glacier de Jökulsárlón, situé à seulement quelques dizaines de kilomètres du camping. Jökulsárlón n’est pas seulement le plus grand glacier d'Islande, il possède aussi la plus grande lagune glaciaire du pays. "Mais Jérémy, qu'est-ce qu'une lagune glaciaire ?" C'est un lac formé par la fonte du glacier où flottent des icebergs qui se détachent au fil du temps pour rejoindre l'océan. La lagune est immense, calme et silencieuse, presque irréelle. Et si on se pose quelques instants et contemplons le paysage, nous pouvons y apercevoir des phoques communs d’Atlantique Nord. 

Les icebergs sont d’un bleu incroyable. La glace qui les compose est très ancienne, dense et dépourvue d'oxygène, ce qui lui permet d’absorber les couleurs rouges du spectre colorimétrique et de réfléchir surtout le bleu. Chaque bloc a sa nuance, certains sont d'un bleu pâle translucide, d'autres tendent vers un bleu profond et intense. Sur place, ce bleu semble lumineux, presque vivant et donne à la lagune une atmosphère fascinante et irréelle. C’est impressionnant, mais ça laisse aussi une petite boule au ventre en pensant à ce qui disparaît avec le réchauffement climatique accentué.
Après quelques photos et vidéos pour le documentaire, nous nous sommes dirigés vers un stand qui proposait des expéditions dans les grottes de glaces, les fameuses blue ice caves. C'est une activité très prisé par les touristes, malheureusement le prix s'aligne à la demande... nous sommes montés avec la compagnie Ice Explorer, installée directement sur le parking du site. Départ à 12h50 avec un groupe de quatre personnes pour le glacier de Jökulsárlón, situé à seulement quelques dizaines de minutes de route sur une "F Roads" dans le véhicule tout terrain de la compagnie. C'était un 4x4 de la taille d’un bus. Je ne veux même pas connaître sa consommation d'essence. On doit être loin de la consommation de la Polo de Noah qui nous attend sagement dans le Pays-Basque. 
Nous étions un petit groupe de six avec une guide qui a prit le temps de répondre à mes questions par rapport au réchauffement climatique qui affecte directement le glacier de Jökulsárlón. Elle était aussi préoccupée que renseignée sur le sujet. La guide m'a expliqué que ça faisait seulement 4 ans qu'elle faisait ce métier et qu'en si peu de temps, le parking s'est avancé de 30 mètres à cause de la fonte du glacier. Elle nous a expliqué que Jökulsárlón diminue d’environ mètre de hauteur et recule d’un mètre chaque jour. PAR JOUR!!! Cette statistique est encore pire en été. La guide nous explique également que pour cette période de l'année, la température est anormalement élevée est le signe concret du réchauffement climatique qui affecte directement les glaciers du pays.
C’est sur ces paroles touchantes et préoccupantes que nous sommes entrés dans la grotte. Étonnamment, il n'y faisait pas froid. J'imagine que l'air froid se retrouve dans une sorte de chambre à l'entrée. Les glaciers étaient si bleus. Autant moi que Noah n'avons jamais vu un bleu aussi éclatant. C'était un spectacle de la nature qui restera gravé dans nos têtes pour toujours.


Après quelques photos et vidéos pour le documentaire, nous sommes retournés vers le 4x4 sur la F Road pour retourner au parking de l'agence avant d'aller jusqu'à la Diamond Beach.
La Diamond Beach est une plage de sable noir frappée par de puissants courants qui ramènent les morceaux de glace détachés des glaciers. Leurs couleurs blanche et bleue rappellent directement celle des diamants.


Une fois satisfaits de ce que nous avons filmé, nous sommes retournés vers le van pour revenir au camping, nous restaurer et passer une vraie soirée entre amis d’enfance. Sur la route, une montagne splendide nous a obligé à nous arrêter pour prendre des photos.


De retour au camping, nous avons mangé des pâtes... préparées dans les sanitaires du camping comme la veille. Noah lance une lessive et pendant ce temps, nous en profitons pour prendre une douche bien chaude pour relâcher un peu nos corps habitués au grand froid.
Une fois la douche terminée, je retourne à la buanderie pour récupérer le linge, et là, je rencontre une française, nous échangeons quelques mots et nous partons enfin se coucher. 
Et là, le rêve lucide continue, d'ennui, j'ouvre Tinder pour regarder le marché local (mdrr) et là, je recroise la fille de la machine à laver. Je lui envoie une note disant "Re" et elle m'invite à la rejoindre dans son van pour prendre un café. (D'ailleurs si tu passes par là, c'était grave cool). 
Après ce date improvisé, je retourne vers notre van, et alors que je croyais la journée était terminée, j'avais oublié des trucs dehors. Ayant la flemme de me rhabiller, je sort donc en boxer, sous -10°C. Pour des raisons logique, je ne vais pas publier la photo de quand je sort sans le boxer dans le froid.

En me couchant, je tire le rideau de ma minuscule fenêtre, et admire ce nouveau spectacle de la nature.

