Sur la route du sud

Islande 9 min de lecture
Sur la route du sud

L'Islande nous appelle à nous retrancher encore plus loin dans nos capacités physiques et mentales

Quelle journée! Si je devais en faire une série Netflix, elle durerait probablement 15 saisons! 

Nous nous sommes levés à 8h30 du camping de la veille pour rejoindre Seljalandfoss, une cascade de 65 mètres de haut. C'était vraiment spectaculaire.. et glissant de par les couches de gels autour.

A quelques centaines de mètres seulement se trouve Gljúfrabúi, une cascade à l'intérieur d'une cavité dans la montagne. Je n'avais pas prévu d'inclure de l'escalade dans ma check-list pour l'Islande. C'est chose faite désormais! Et malgré que nous ayons été trempés de la tête au pieds à la projection de la chute d'eau, nous sommes reparti, pleins d'étoiles dans les yeux. 

Et là... premier drame. Au moment d'offrir un chocolat chaud à Noah, je me rend compte que je n'ai plus de CB!!! La panique me prends, puis je retrouve rapidement mon calme (trop rapidement d'après Noah), j'ai verrouillé ma carte et transférer mes fonds sur une N26, une banque en ligne dont la carte virtuelle me permet de payer via le téléphone. (Ceci n'est pas un placement de produits! Mais si vous passez par la N26, n'hésitez pas à faire un virement hahaha). "Improvise. Adapt. Overcome." Je crois que je commence à comprendre que l'Islande te defi. Soit tu t'adaptes à elle, soit tu fléchi.

Direction maintenant la Skogáfoss, une nouvelle "foss", vous l'aurez donc compris, nouvelle cascade. 

Celle-ci à la particularité d'être très large et haute à la fois. Elle est vraiment belle, mais bon sang, qu'il y faisait froid et s'en approcher n'était vraiment pas évident à cause de la glace sur plusieurs dizaines de mètres.

Noah perd à se moment sa caméra d'action nous servant de POV pour le documentaire. Nouveau coup dur. En plus de ça, je plie bêtement mon enbout du récepteur des micros que nous portons. Deux coups qui mettent notre moral au plus bas. On s'en relève, et nous checkons. On ne repartira que plus grand. Seulement si on savait ce qui allait arriver...

Petit check entre amis d'enfance et ça repart en van direction l'avion crashé sur une très vaste plage de sable noir. L'avion s'était crashé en 1973 car il manquait de carburant. Heureusement, les 7 membres d'équipage ont survécus et le site est aujourd'hui une attraction touristique à elle-même et est très photogénique. 

Nous marchons 1 heure depuis le parking où nous avons garé le van, à travers une immense plage de sable noir pour rejoindre la carcasse.

Nous n'étions vraiment pas déçus et avons pleinement profité de ce lieu unique.

Et là. Je n'ai toujours pas les mots. Alors que nous faisions un plan au drone, il percute l'avion et un des moteur se fend. Bien sûr, rien qui n'est pas couvrable par l'assurance, mais un gros coup dur au mental. Vraiment! Ce drone c'est notre garantie de qualité pour le documentaire et s'en privé, c'est se tirer une balle dans le pieds. Heureusement, la grande partie de ce qui devait y être filmé a déjà été tournée, mais nous repartons, en silence vers le van pendant 1 heure. 1 heure à imaginer les pires scénarios.

À ce moment là, pendant ce long chemin, j'ai cogité, j'ai réfléchi, et je me suis dit que je n'allais pas sortir le documentaire Icelands.

Allez. On va aller à Vík, ce petit village au sud de l'Islande et on va oublier cette journée qui nous aura coûté:

Oh, une petite journée à plus de 700€ finalement. Rien de bien méchant... 

Sur le chemin vers Vík, alors que le soleil se couchait, j'ai aperçu un endroit que je voulait visiter, on s'y est donc engagé... et qu'est-ce qu'on a bien fait de s'y engager!

L'endroit s'appelle Dyrhólaey, et y assister au sunset était simplement magique. C'est une petite falaise qui fait face à l'océan déchaîné. Ici, l'homme s'adapte où la nature vous emporte. Littéralement. Les courants d'eau glaciale et les vagues de submersions vous rappelle de notre insignifiance. D'ailleurs, la chose qui m'a marqué et ce panneau en arrivant qui montre en photo la mort la plus récente à Dyrhólaey. Je me suis vraiment senti mal. C'était la première fois que j'étais confronté à la mort. Un moment d'inattention, une glissade, ou même une vague trop grande et c'est fini. Je me devais de faire attention à moi, mais aussi à mon ami. On arrive à deux, on finit à deux (et préférablement vivant, sinon ma mère va me tuer une seconde fois)

C'est ce moment qui m'a redonné envie de poursuivre mon idée de documentaire. Cet endroit qui a donné un sens au projet et qui a confirmé comment le baptister: "Icelands: Voyage au cœur des éléments".

Et comme si ce n'était pas suffisant, à la gauche de cet endroit, à environ 20 mètres seulement trouve la plage la plus meurtrière d'Islande, la plage Reynisfjara. Une grande plage de sable noir. Mais le temps nous manque, nous allons donc à Vík, reprendre des forces et trouver un camping pour y passer la nuit. 

J'aperçois un petit pub qui me semble pas mal et nous nous y arrêtons 1 heure. Je commande un Reykjavik Mule (Jérémy), c'est un Moscow Mule mais au lieu de la vodka, ils y mettent du Brevinnín. Vous vous rappellez? C'est l'alcool en shooter que l'on boit pour faire descendre le requin fermenté! Noah, lui commande un Appelsín, une boisson gazeuse Islandaise que nous avions découvert à Reykjavik. En plus de cela, nous avons prit deux plateaux de "Loaded Fries", des frites accompagnées de sauce fromagère, de parmesan, de persil et de bacon.

Nous nous apercevons finalement que le camping à Vík est fermé. Nouveau coup dur. (Spoiler: ce n'est pas fini). Je demande donc à la serveur qui nous dit qu'au village d'a côté, un camping s'y trouve. 

Chouette une alternative trouvée rapidement.... NON! Le village le "plus proche se situe à 70km de Vík! En Islande chaque village est tellement éloigné l'un de l'autre. Ah et vous voulez le nom du village? Kirkjubæjarklaustur. On a à peut près pris 30 minutes pour rentrer l'adresse dans le GPS.

Peu après Vík, il y a une grotte qui s'appelle la Yoda Cave. Tout simplement car l'entrée à la silhouette du maître Yoda de Star Wars. Nous nous y arrêtons rapidement.

La grotte est vraiment belle et en vaut le crochet de voiture. Surtout que pendant que nous y étions, la neige s'était invité au spectacle! L'Islande nous récompense enfin d'avoir gardé le morale dans cette journée si éprouvante pour nous.

Conduire sous la neige était une grande première, c'était beau, c'était naturel, c'était nous, et ce que nous cherchions. On venait d'obtenir notre tampon d'aventurier Viking! On a vécu les aurores boréales et la neige en Islande.

Arrivé au village au nom imprononçable, le camping était fermé... VRAIMENT?! On appelle des campings. Peu répondent, d'autres parlent uniquement Islandais. On avait faim et sommeil. Je demande à des commerçants aux alentours, et nous disent que le camping le plus proche est à 70km. Bon... bah on boit deux boissons énergisantes et on repart. Direction Skatafell, on partage la route, et on y arrive. ENFIN! Nous avons un endroit où dormir et cuisiner rapidement. 

Nous rangeons le van, et lorsque l'on a voulu cuisiner, le vent était trop fort pour le réchaud. On a donc cuit les pâtes dans un endroit surprenant... les sanitaires!

Et bah vous savez quoi? C'était un des meilleurs plat de pâtes que j'ai jamais mangé, au pieds de Svartifoss, première étape de demain.

Nous mettons les appareils électroniques en charge pour le lendemain et la caméra action de Noah refonctionne! La batterie au lithium avait simplement pas supporté le grand froid.

Le moral remontais doucement, et, au moment de me coucher, en me déshabillant, je sent quelque chose de dur (titre.) dans la jambe de mon pentalon (méga titre.), c'était ma carte bleue!!!!

Pertes de la journée: